En résumé
En tant que chirurgien orthopédique, mon équipe et moi prenons en charge la dysplasie de la hanche, une anomalie du développement articulaire qui touche un nouveau-né sur 1000. Cet article détaille les facteurs de risque génétiques et environnementaux, comme la présentation par le siège ou les antécédents familiaux. Découvrez l’importance d’un dépistage précoce par examen clinique et échographie afin de mettre en place un traitement orthopédique ou chirurgical adapté pour prévenir l’arthrose.
Sommaire
Il s’agit d’une anomalie du développement de l’articulation où le cotyle (la cavité osseuse du bassin) n’est pas assez profond ou est mal orienté. De ce fait, la tête du fémur n’est pas correctement maintenue et peut se déplacer en dehors de sa position naturelle.
Nous observons des facteurs liés à la position du bébé dans l’utérus (comme une présentation par le siège ou une grossesse gémellaire) et au manque d’espace utérin. Les hormones maternelles et les antécédents familiaux d’anomalies de la hanche jouent également un rôle majeur.
La pathologie peut être totalement asymptomatique, mais lorsqu’elle se manifeste, elle peut entraîner une différence de longueur entre les deux jambes ou une asymétrie des plis cutanés des cuisses. On peut aussi observer une limitation des mouvements, une boiterie ou des douleurs à l’aine, au genou et au dos.
Le dépistage repose d’abord sur un examen clinique systématique que nous réalisons à la naissance et au premier mois de l’enfant. En présence de facteurs de risque, nous complétons obligatoirement ce suivi par une échographie des hanches entre la 4e et la 6e semaine.
Un repérage rapide des anomalies permet d’instaurer immédiatement une prise en charge adaptée pour guider le bon développement de l’articulation. Cela est indispensable pour éviter que l’enfant ne développe des complications graves à long terme, comme une usure prématurée du cartilage ou de l’arthrose.
Si nous repérons une anomalie, nous proposons un traitement consistant à maintenir les hanches du nourrisson en flexion et en abduction (écartées). Pour cela, nous utilisons un dispositif médical adapté, tel qu’un harnais ou une culotte spéciale, à porter durant plusieurs semaines ou mois.
Non, la chirurgie n’est pas systématique et dépend de la gravité de la situation ou de la précocité du diagnostic. Cependant, chez certains enfants, une opération peut être envisagée afin de corriger directement la dysplasie ou d’en réparer les conséquences structurelles.
oui, tout à fait. Cette pathologie peut affecter une seule hanche de manière isolée ou bien toucher les deux articulations de façon simultanée chez le même patient.
L’absence de prise en charge entraîne un mauvais alignement articulaire qui engendre une usure prématurée du cartilage. À terme, cela conduit inévitablement au développement d’une arthrose précoce et invalidante de la hanche.
La dysplasie de la hanche est une anomalie du développement relativement fréquente en milieu orthopédique. On estime qu’elle touche environ 1 nouveau-né sur 1000.
Dr Philippe Paillard
Je suis le Dr Philippe Paillard, chirurgien orthopédiste à Paris, spécialisé dans le traitement des pathologies articulaires liées au sport ou à la vie quotidienne. J’interviens sur la hanche, le genou, l’épaule, le coude et la cheville, avec une expertise reconnue en arthroscopie et en prothèses articulaires. Je suis également :
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