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L’intérêt de l’analyse posturale dynamique en orthopédie

Qu’est ce que le système postural ?

Définition

A chaque étape de la vie se mettent en place les éléments qui construisent notre posture.

Dès la naissance, le corps va subir des contraintes qui vont aider à son développement. Il nous faudra rapidement lutter contre la pesanteur, développer notre musculature, laquelle formera notre ossature, tout cela dans le but de tenir debout et de se déplacer par la marche.

Nous possédons un système postural qui nous est propre, dont le but est de nous équilibrer, de nous faire avancer en ligne droite si possible et de nous mettre les yeux à l’horizontale.

Les dysfonctionnements du système postural

Si l’on imagine qu’il y a une posture « normale » (« Tiens-toi droit !! »), de nombreux facteurs peuvent perturber celle-ci tout au long de notre vie.

Afin d’adapter en permanence notre corps aux influences externes et internes, le système postural met en place un certain nombre de compensations musculaires ou articulaires. Celles-ci vont nous donner l’illusion que notre corps fonctionne bien, mais elles vont malheureusement utiliser des muscles ou des articulations dans une fonction différente de celle pour laquelle elle a été conçue.

Cela entraine des hyper-sollicitations articulaires ou musculaires qui à plus ou moins long terme vont entraîner une symptomatologie, traduction de souffrance locale. Mais cette souffrance, si elle est localisée, peut avoir une origine éloignée par la mise en place de ces compensations.

OPS 1

L’analyse posturale et le bilan posturo-dynamique

Le but de l’analyse posturale est de déterminer le schéma de fonctionnement de chacun afin de permettre au sujet, par un traitement approprié, de moins solliciter ce qui l’est trop, de rééquilibrer en statique mais également dans le mouvement (marche ou course), les contraintes subies par le corps et responsables d’usure prématurée ou/et de douleurs.

Il est possible d’agir sur la posture à partir de plusieurs entrées, les plus rencontrées sont les suivantes : les yeux, la mâchoire et les pieds

Les yeux

OPS 2Une différence marquée d’acuité visuelle entre un oeil et l’autre, un trouble de convergence ou de divergence, d’origine musculaire … peuvent entraîner une adaptation posturale dite « descendante » qui peut aller jusqu’aux pieds. Le système postural va essayer de garder les yeux à l’horizontale, alors que le sujet, pour « mieux voir » va être contraint d’incliner ou tourner la tête de façon permanente .

La mâchoire

OPS 3Elle s’adapte un peu comme un pendule. La posture générale(suite montante) peut entraîner une dysfonction à l’ouverture ou à la fermeture, mais aussi le psychisme ( sujets anxieux qui serrent les dents la nuits, jusqu’à grincer ), l’occlusion dentaire, un traitement orthodontique et d’autres facteurs (suites descendantes) peuvent entraîner les Articulations Temporo-Mandibulaires (ATM) à ne pas fonctionner correctement et aboutir à des compensations musculaires responsables de troubles posturaux et donc de douleurs.

Les pieds

OPS 4Le pied est l’élément faisant la jonction avec le sol. Il va être également le premier propulseur lors de la marche ou la course.

Mais son rôle premier, celui pour lequel il a été conçu, est d’être un AMORTISSEUR. C’est grâce à lui et à ses nombreux os le composant, que l’on peut s’adapter aux terrains accidentés.

OPS 6Chez l’homme civilisé, ce rôle est malheureusement mis à mal par les chaussures, qui dès le plus jeune âge vont contraindre le pied à fonctionner de manière guidée (comme dans un plâtre), alors que celui-ci devrait être libre pour se façonner morphologiquement et devenir efficace. Le pied doit avoir une fonction « adulte » à l’âge de 8 ans.

Toute dysfonction podale va avoir une répercussion posturale, mais toute dysfonction au-dessus va être adaptée par le pied !

Exceptés les gardes de la Reine à Buckingham, peu de sujets restent statiques toute la journée !

Les solutions et traitements possibles

Il faut s’intéresser au pied pour sa fonction de soutien (statique), mais surtout dans sa fonction dynamique (la marche, la course), car s’il ne fonctionne pas bien, il va falloir que les chevilles, puis les genoux, les hanches, puis le bassin et la colonne vertébrales et ses annexes, modifient leur fonction première pour que le membre inférieur soit assez stable et axé pour nous propulser et donc nous déplacer. Tout part de la fonction d’une articulation (sous-talienne, ou sous-astragalienne) qui va générer la dynamique du pied, et qu’il va falloir étudier grâce au bilan posturo-dynamique.

OPS 7Que ce soit par des semelles actives amortissantes sur mesure, par des orthèses buccales stimulantes et équilibrantes, par du travail d’orthoptie , de la rééducation spécifique, de l’ostéopathie, par une collaboration avec tous les professionnels de santé (médecins, chirurgiens, dentistes, orthophonistes…).

Il est possible et même conseillé dès le plus jeune âge de traiter les dysfonctions repérées par le bilan posturo-dynamique, afin de prévenir beaucoup de désagréments à venir dans le quotidien ou la pratique sportive (arthrose, mal de dos, certaines scolioses, etc.).

OPS LAST

Et quand ces pathologies sont installées, les traitements peuvent soulager et éviter l’aggravation.

Par Alain NEDELEC, Kinésithérapeute-Ostéopathe

Chargé des bilans posturo-dynamiques

Clinique OPS Paris / Montpellier