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La prothèse totale de la hanche : cent ans de recherches !

La première prothèse totale de hanche et ses ancêtres

pthDès le début du XXe siècle, deux types de lésions de la hanche lancent les chercheurs en chirurgie orthopédique sur la piste de la prothèse de hanche : la fracture du col du fémur et l’arthrose de hanche, ou coxarthrose. La première est un véritable fléau de santé publique, particulièrement chez les personnes âgées. La seconde, due à une dégénérescence du cartilage des surfaces de frottement de la tête fémorale et du cotyle, provoque douleurs, gênes fonctionnelles voire immobilisation.
On cherche le matériau qui pourra s’interposer pour remplacer les surfaces atteintes tout en étant bien toléré par l’organisme. Tout y passe : métaux précieux, caoutchouc, plomb,… mais aucun ne fait l’affaire. Des essais plus concluants sont faits avec du verre et de l‘ivoire. Il faut attendre les années 1930 pour qu’une première prothèse fémorale en métal voie le jour. Le risque de nécrose disparaît grâce à l’utilisation d’un matériau baptisé « Vitalium ». Reste un enjeu de taille : comment fixer cette prothèse ? En 1950, Austin Moore invente un procédé révolutionnaire – encore utilisé aujourd’hui ! – : la tête fémorale de synthèse est fixée grâce à une tige « branchée » dans le canal médullaire du fémur.
Les progrès de la réparation du col du fémur sont spectaculaires, mais les cas d’arthrose ajoutent une difficulté, non négligeable : il n’a pas une, mais deux surfaces à remplacer, donc des problèmes complexes de frottements occasionnés par ce « couple de glissement » à prendre en compte…

De la première prothèse de hanche au gold standard de la prothèse Charnley

En 1941 Mac Kee invente la première prothèse totale de hanche en proposant un couple de glissement métal contre métal. La première pose a lieu en 1951. Même si cette solution est utilisée pendant de nombreuses années, la fixation des pièces sur les os demeure très instable. De nombreuses poses se soldent par un échec : les prothèses se descellent…
On attribue d’abord ce descellement au frottement de pièces de métal l’une contre l’autre. Charnley passera sa carrière à chercher des solutions à ces problèmes de frictions. On lui doit une véritable révolution dans le monde de la prothèse de hanche. En 1962, il met au point la première prothèse totale de hanche moderne avec des matériaux éprouvés : cupule en polyéthylène haute densité et pièce fémorale en acier inoxydable monobloc. Ces éléments sont fixés par un ciment acrylique. Désormais, les prothèses totales de hanche seront cimentées, procédé qui est encore utilisé aujourd’hui.
Ce n’est qu’en 1974 que l’on comprend que le descellement est dû à une réaction de l’organisme qui, tolérant mal des débris d’usure, génère des macrophages chargés d’éliminer les particules étrangères. Problème : ceux-ci s’attaquent, dans le même temps, à l’os environnant provoquant le descellement de la prothèse !

Les années 2000, la banalisation de la prothèse totale de hanche

Malgré ces progrès décisifs, on constate au bout d’une quinzaine d’années que les problèmes de descellement réapparaissent. On est à l’aube du XXIe siècle et le niveau d’exigence a évolué. Il n’est plus tolérable de souffrir de la hanche que l’on sait désormais remplacer si besoin. La prothèse totale de hanche doit maintenant pouvoir être implémentée à des patients plus jeunes, sa durée de vie doit donc être la plus longue possible. Ainsi, nouveaux matériaux, formes et revêtements sont régulièrement mis à l’épreuve du gold standard de la prothèse Charnley.
Parmi ces nouveaux matériaux, le couple céramique/céramique est très intéressant, notamment pour une prothèse totale de hanche destinée à des sujets jeunes et/ou actifs. Ce matériau possède, en effet, une meilleure biocompatibilité et un taux d’usure très inférieur aux autres matériaux.
L’implantation d’une prothèse totale de hanche est aujourd’hui un acte chirurgical très fréquent et en progression constante. Plus d’un million de personnes sont au minimum porteuses d’une prothèse totale de hanche et plus de 80% s’en déclarent satisfaits. L’impact global sur la santé publique est indéniable : le retour à la vie active est optimisé, le taux d’invalidité largement diminué et les retraités ne sont pas privés d’une activité essentielle à leur bien-être.