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Greffe osseuse : dans quels cas ?

Une greffe osseuse est un procédé chirurgical visant à réimplanter un fragment d’os pour réduire ou réparer une lésion osseuse.

Deux types de greffes osseuses

Les autogreffes

Le chirurgien prélève le greffon osseux sur le patient qu’il souhaite greffer, à des endroits où l’os se reconstitue facilement (péroné), ou sur des régions pour lesquelles le prélèvement du greffon n’induira pas de désagréments majeurs (crête iliaque, côte ou tibia). Il le réimplante ensuite au niveau de la lésion.

Prélevé sur le patient lui même, le greffon a des caractéristiques cellulaires similaires au site d’implantation. Cette pratique permet généralement une bonne consolidation et minimise le risque de rejet.

Les greffons n’ont classiquement pas besoin d’être greffé avec leurs vaisseaux sanguins. Cependant dans le cadre d’une autogreffe, il est possible de réimplanter des greffons vascularisés qui présentent l’avantage de se consolider plus rapidement et de s’adapter au site d’implantation. Par exemple lorsque l’on greffe un fragment de péroné vascularisé en remplacement d’une portion de fémur, on peut obtenir, au bout de quelques mois, un greffon d’un diamètre quasi similaire à l’os retiré.

Les allogreffes

Lorsqu’une autogreffe n’est pas possible en raison de l’âge, de l’état général de santé du patient ou de la localisation de la lésion, le chirurgien réalise l’intervention avec un greffon provenant d’une banque de tissus. Ces greffons sont prélevés sur des patients en état de mort cérébrale et plus récemment, en état d’arrêt cardio-respiratoire, ou sur des patients ayant subit une ablation osseuse, lors par exemple de la pose d’une prothèse. Ces fragments d’os sont par la suite conservés dans des banques de tissus, afin d’être réimplantés sur d’autres patients. C’est une pratique de nos jours très sécurisée et le risque de contamination par le biais d’un greffon est quasi nul.

Les greffons implantés dans le cadre d’une allogreffe n’ont classiquement pas les mêmes caractéristiques que les cellules du patient greffé. Si la compatibilité cellulaire entre le donneur et le receveur n’est pas requise, le risque de rejet existe. Toutefois, à la différence des patients ayant bénéficié de transplantation (greffe d’organes : cœur, reins…), un traitement anti rejet ne sera pas nécessaire. D’autre part, ces greffons sont toujours constitués de cellules mortes. De ce fait, outre le risque de rejet, il existe un risque plus important de mauvaise consolidation pouvant dans certains cas être à l’origine de fractures.

Les autogreffes présentent de meilleures perspectives de résultats. Toutefois, l’allogreffe reste une alternative intéressante quand l’autogreffe n’est pas possible.

Les xénogreffes et les greffes d’os artificiel ou de biomatériaux sont encore au stade expérimental. Elles font toutefois l’objet de recherches actives car elles permettraient qu’un nombre plus important de patients puissent bénéficier de greffes : les greffons conservés dans les banques de tissus n’étant pas toujours suffisant pour prendre en charge la totalité des patients.

Indication des greffes osseuses

Cancer des os

L’intervention consiste en l’ablation de la tumeur osseuse voir de la totalité de l’os concerné, puis en une reconstruction à l’aide d’un greffon. Cette pratique a permis une nette amélioration du pronostic vital de ces patients et la possibilité de ne pas avoir recours à une amputation systématique.

Arthrose

Lorsque les articulations présentent une arthrose évoluée, les cartilages sont en tout ou partie détruits et ne sont plus à même d’assurer leur rôle protecteur. L’os sous-jacent peut donc être lésé. A ce stade, la pose d’une prothèse est généralement indiquée. Pour ce faire, il peut être nécessaire de réparer les lésions osseuses au moyen de greffes, avant l’intervention.

Reprise de prothèse articulaire

Les prothèses articulaires ont une durée de vie généralement longue. Cependant il est parfois indiqué de les remplacer, soit en raison d’une usure normale, soit lorsqu’il y a un dysfonctionnement. Il est alors nécessaire de déterminer les causes, qui peuvent être multiples et concerner différents éléments constructifs de l’articulation (tendons, muscles…). Lorsqu’il s’agit de lésions osseuses périprothétiques il peut être indiqué de procéder à une greffe osseuse avant la pose d’une nouvelle prothèse.

L’os peut aussi être lésé lors du descellement d’une prothèse cimentée. Il sera, là aussi, nécessaire de réparer l’os avant de poser la nouvelle prothèse.

L’arthrodèse

C’est à dire la soudure définitive d’une articulation (notamment pratiquée dans le cadre du traitement des arthroses lombaires) peut être réalisée en partie grâce à l’apport d’un greffon osseux.

Fractures

Lors de traumatismes graves, il arrive que des fractures (notamment par écrasement) engendrent des pertes de matière osseuse importantes. Quand elles induisent des handicaps, il est possible de procéder à une greffe osseuse afin de combler les lésions.

Chirurgie maxillo-faciale

Dans le cadre de chirurgie maxillo-faciale il est quelques fois nécessaire d’avoir recours à une greffe osseuse avant un implant dentaire.

Intervention et convalescence

La greffe osseuse est réalisée sous anesthésie générale. Le prélèvement du greffon et sa ré implantation (lors d’autogreffes) se déroulent classiquement durant la même intervention. Une fois le greffon positionné, le chirurgien le fixe par ostéosynthèse c’est à dire au moyen de vis et de tiges métalliques, qui pourront habituellement être retirées une fois la cicatrisation acquise.

Convalescence

La période de convalescence peut être plus ou moins importante en fonction du site opératoire, de l’importance de la greffe et de sa capacité à consolider.

De la même façon que lors de fractures, il ne sera pas possible de mobiliser le membre greffé pendant la période de cicatrisation des tissus osseux. Le membre sera donc immobilisé à l’aide d’un plâtre ou d’une attelle pour une durée de 3 à 6 mois. Cependant, l’immobilisation n’est pas toujours stricte : lors d’arthrodèses lombaires nécessitant des greffes osseuses, les patients sont seulement contraint de porter, durant la journée, un corset pour assurer un maintient plus qu’une immobilisation.

La rééducation

Dès que les lésions auront cicatrisé, une rééducation fonctionnelle sera mise en place afin de renforcer la masse musculaire, plus ou moins affaiblie en raison de l’immobilisation, et de restituer au membre toutes ses capacités fonctionnelles.