Sélectionner une page

Douleur au talon

Les douleurs du talon, aussi appelées « talalgies plantaires » peuvent être en lien avec différentes pathologies ou traumatismes. Elles peuvent être ressenties au niveau inférieur (au-dessous), postérieur (derrière) ou sur l’ensemble du talon.

Généralités

TalonLe talon est la composante anatomique située à la verticale de la jambe sur l’arrière du pied. Il se compose de deux os l’astragale (ou talus) et le calcanéum (os le plus volumineux du pied) ainsi que d’un ensemble de muscles, de ligaments, de tendons, de nerfs… permettant son fonctionnement. Le talon de par son emplacement, encaisse une grande partie des chocs (initie la marche, réceptionne les sauts…) il est donc très sollicité, même quand la personne ne pratique pas d’activités particulièrement physiques. Lors de traumatismes, de surmenages, ou en raison de certaines pathologies, différents éléments constitutifs du talon peuvent être lésés et engendrer des douleurs.

Causes

La pratique sportive intensive, les mouvements répétés, le port régulier de charges lourdes ou la surcharge pondérale qu’elle soit en lien avec un surpoids, une obésité ou une grossesse, les malformations qu’elles soient congénitales ou acquises, le port de chaussures usées ou mal adaptés à la morphologie ou à l’activité pratiquée, le vieillissement, peuvent être à l’origine de dysfonctionnements mécaniques ou de pathologies traumatiques pouvant engendrer des douleurs au niveau du talon.

Les tendinites

tendon-Achille-04Lorsque la douleur se situe au niveau inférieur du talon, il peut s’agir d’une tendinite des tendons de la voûte plantaire. Lorsqu’elle se situe au niveau postérieur il s’agit classiquement d’une tendinite du tendon d’Achille. Dans les deux cas, il peut s’agir de tendinites d’insertions (l’inflammation du tendon est alors située au niveau du calcanéum) ou de tendinobursites (l’inflammation l’extrémité du tendon et les bourses séreuses elles même situées entre l’os du talon et le tendon).

Les lésions ligamentaires

epine lenoir talonLorsque la douleur est située au niveau inférieur du talon, on peut la mettre en lien avec une fasciite plantaire c’est à dire l’inflammation des ligaments reliant les os des orteils au calcanéum au niveau de l’aponévrose plantaire. Lors de traumatismes violents ou dans des formes avancées, elle peuvent engendrer des arrachements osseux ou la formation d’une épine calcanéenne appelée aussi « épine de Lenoir » correspondant à une excroissance osseuse.

Les lésions cartilagineuses 

Le calcanéum s’articule avec l’astragale, située au dessus. Comme dans toute articulation, les os sont à cet endroit recouverts de cartilages. En raison du vieillissement naturel, d’un surmenage ou d’un traumatisme des lésions cartilagineuses susceptibles d’évoluer sur une arthrose peuvent apparaître. Quand elles concernent cette partie anatomique, elles peuvent induire des douleurs au talon.

Les fractures du calcanéum

Elles peuvent être des fractures dites de fatigue mais sont, plus généralement, en lien avec des évènements traumatiques violents et particulièrement des chutes, réceptionnées sur les talons. Lors d’un tel événement, le calcanéum est compressé entre l’astragale (qui supporte le poids du corps, ici majoré par la chute) dans un sens, et le sol dans l’autre. Il en résulte généralement des fractures en éclats qui sont difficiles et longues à traiter, notamment lorsque les différents fragments sont déplacés.

Malformations

Certaines malformations congénitales ou acquises peuvent aussi être mises directement en causes face à ce type de douleurs. Les plus classiques sont les troubles architecturaux des pieds (pieds plats ou trop creux), les épines calcanéennes (vues précédemment), mais aussi des anomalies morphologiques ne concernant pas directement le pied, comme des malformations des genoux (valgum ou varum), ou des inégalités de longueurs des jambes par exemple.

Le vieillissement 

Il peut induire une vulnérabilité et une raideur des tendons et des ligaments, une fragilité de la structure osseuse, mais aussi un amincissement de la couche de graisse située sous le calcanéum. En effet ce « coussinet » qui a pour fonction d’amortir les chocs, diminue en vieillissant. Cela peut se traduire par des douleurs au talon souvent symétriques.

Les causes pathologiques

Des causes pathologiques peuvent aussi être mises directement en cause lors de douleurs au talon, ou créer des dysfonctionnement mécaniques, comme ceux vus précédemment, à l’origine de ces douleurs.

  • Spondylarthrite ankylosante : associé à d’autres symptômes, les talalgies sont caractéristiques de cette maladie inflammatoire. Elles sont certaines fois un des premiers signes orientant sur ce diagnostic.
  • La polyarthrite rhumatoïde est une maladie inflammatoire des articulations. Elle peut être localisée sur différentes zones articulaires du squelette. Lorsqu’ elle touche l’articulation calcanéo-astragalienne, elle peut être directement à l’origine de douleurs au niveau du talon.
  • Provoquant classiquement des douleurs au gros orteil, la goutte, maladie métabolique chronique, est caractérisée par le dépôt de cristaux d’acide urique dans différentes régions de l’organisme. Lorsqu’elle touche les articulations, on parle d’arthrite goutteuse. Cette maladie est susceptible de provoquer des douleurs au talon quand elle concerne l’articulation calcaneo-astragalienne.
  • La maladie de Server est une ostéochondrite (maladie de croissance des cartilages et des os) du pied touchant les adolescents entre 10 et 16 ans. Toutes les causes ne sont pas précisément connues, mais elle peut toutefois être mise directement en lien avec une pratique sportive intensive. Elle peut être à l’origine de micro traumatismes du calcanéum et de l’inflammation du tendon d’Achille. Elle évolue par crises uniques ou répétées, caractérisées par des douleurs au talon, une boiterie et parfois un blocage articulaire. La maladie régresse et disparait quand l’enfant atteint sa taille définitive.
  • Les troubles nerveux périphériques comme les compressions nerveuses, les sciatiques, les neuropathies périphériques quelque soit leurs causes (diabète, syndrome de Guillain-Barré…), peuvent elles aussi être à l’origines de douleurs au talon.
  • Le psoriasis, maladie dermatologique chronique et inflammatoire évolue parfois sur des atteintes articulaires appelées rhumatisme psoriasique. Les pieds et particulièrement les orteils et les talons font partie des localisations articulaires de prédilection de la maladie.
  • Les artériopathies, caractérisées par une perte d’afflux sanguins dans les zones concernées, peuvent elles aussi, lorsqu’elles touchent les membres inférieurs, être à l’origine de douleurs au talon traduites généralement par des sensations de brûlures.

Diagnostic

Les douleurs au talon n’étant pas toujours des signes spécifiques d’une pathologie ou d’un traumatisme, il est possible dans un premier temps de mettre le pied au repos, d’appliquer du froid et de prendre des traitements antalgiques ou anti inflammatoires. Toutefois, lorsque la douleur persiste, qu’elle récidive, lorsqu’elle est d’emblée vive, qu’elle induit des postures ou mécanismes vicieux (boiterie, maintient du pied sur la pointe en position debout), ou que d’autres symptômes y sont associés : hausse de la température corporelle, signes inflammatoires (rougeur, chaleur, œdèmes), lésions cutanées, douleurs à d’autres endroits du corps, etc… il est conseillé, adulte ou enfant de consulter sans attendre.

Le diagnostic sera avant tout clinique et peut nécessiter les compétences d’un spécialiste. Le praticien analysera le type de douleur, les horaires d’apparitions, les facteurs déclenchant et la localisation. Cependant en l’absence de traumatismes ou de contexte pathologique en lien, le diagnostic peut être difficile à établir et nécessiter la réalisation d’examens complémentaires d’imagerie :

  • la radio : recherche d’une fracture ou d’une malformation
  • l’IRM : étude des différents éléments constitutifs du talon
  • La scintigraphie osseuse : analyse des os
  • L’échographie : visualisation des tissus mous (aponévrose plantaire, tendons, muscles…)
  • L’électromyogramme : étude d’une éventuelle atteinte neurologique,
  • L’écho-doppler : évaluation de la vascularisation,

Un bilan sanguin apportera des renseignements précieux, notamment pour préciser le diagnostic d’une maladie inflammatoire ou infectieuse.

L’ensemble de ces explorations permettra de mettre en place un traitement adéquat, et de définir les causes afin d’éviter les récidives.

D’autre part les douleurs au talons pouvant être les premiers symptômes de maladies inflammatoires sous jacente (ex : spondylarthrite ankylosante) ou témoigner d’une complication de maladies chroniques préexistantes (ex : diabète), un diagnostic complet permettra de mettre en lumière ces pathologies plus graves et de prendre en charge les douleurs de façon adaptées.

Traitement

Le traitement des douleurs au talon est multiple tant les causalités sont nombreuses. Il a toujours comme objectif premier de soulager les douleurs, mais peu aussi s’appliquer à traiter la cause afin d’éviter les récidives (typiques en cas de sciatiques par exemple) ou des potentielles complications ultérieures.

Beaucoup de douleurs d’origines mécaniques lorsqu’elles n’ont pas occasionné de complications, sont traitées simplement par des antidouleurs ou des anti inflammatoires, une mise au repos et éventuellement une cryothérapie (application de froid sur la zone douloureuse). C’est le cas lorsqu’elles sont en lien avec des tendinites ou des maladies de Server par exemple.

D’autres, comme les fractures ou les ruptures tendineuses ou ligamentaires, peuvent nécessiter des interventions chirurgicales généralement suivies de convalescences plus ou moins longues.

D’autres encore peuvent faire partie d’une prise en charge plus large, qui ne négligera jamais la douleur, mais s’intéressera particulièrement à traiter ou à équilibrer une pathologie chronique ou inflammatoire.

kine chevilleEn support, la kinésithérapie, mise en place d’emblée ou à la suite d’une intervention chirurgicale est un moyen efficace pour soulager ces douleurs. Toutefois, il ne faudra pas négliger la prise en charge de facteurs plus généraux comme le surpoids ou un mauvais chaussage pouvant être directement impliqués.