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Douleur à la rotule

Les douleurs à la rotule ou syndrome rotulien sont en lien avec une souffrance des cartilages.

Généralités

prothese-unicompartimentale-genou_01Le genou, situé à l’intersection entre la jambe et la cuisse est une articulation porteuse très sollicitée qui soutient le poids du corps et permet les déplacements. Elle fonctionne essentiellement selon un mécanisme de « flexion/extension ». C’est une articulation complexe composée des extrémités du fémur et du tibia et de la rotule maintenus à l’aide d’un dispositif stabilisateur puissant composé de ligaments et de tendons.

La rotule se situe à l’avant du genou. Elle est reliée vers le haut au quadriceps et vers le bas au tibia par des tendons. Latéralement, elle est stabilisée par deux ligaments : les ailerons interne et externe.

La rotule, ou patella, est un sésamoïde, c’est à dire une ossification du tendon retrouvé au niveau de certaines articulations. Au regard de sa taille, elle est cependant classiquement considérée comme un os à part entière. Son rôle est d’une part de protéger le tendon du quadriceps, mais aussi d’accroître la puissance transmise au tibia dans les mouvements d’extensions : lorsque le quadriceps, muscle le plus puissant de l’organisme, se contracte, il tire la rotule vers le haut qui entraine à son tour le tibia provoquant ainsi l’extension de la jambe.

Comme les autres surfaces osseuses des articulations, la rotule est recouverte de cartilage pour favoriser la fluidité des mouvements et protéger le tissu osseux sous-jacent.

Mécanismes et causes

La souffrance de la rotule se produit lorsqu’apparaît un déséquilibre entre le quadriceps et les ischio-jambiers (groupe tendino-musculaire, principal fléchisseur de la jambe et l’antagoniste du quadriceps, responsable d’une force de pression opposée).

Ce déséquilibre peut se produire en raison :

  • d’une raideur des ischio-jambiers : le quadriceps doit alors accroître la force transmise à la rotule pour obtenir l’extension de la jambe.
  • d’une fonte musculaire du quadriceps à l’origine de pressions inhabituelles sur la rotule.

Dans les deux cas, il en résulte des frottements anormaux sur la surface articulaire de la rotule pouvant à terme entrainer des lésions des cartilages appelées chondropathie.

Différents facteurs peuvent favoriser ce risque :

  • Chez le sportif : un entrainement trop intensif, la reprise de l’entrainement après une période de repos ou de convalescence (responsable d’une fonte musculaire du quadriceps), l’absence ou le manque d’étirements (pouvant être à l’origine d’une raideur des ischio-jambiers), le port de chaussures inadaptées à l’activité pratiquée ou au terrain.
  • Chez les adolescents : modifications morphologiques liées à la croissance, une prise de poids brutale.
  • Chez l’ensemble de la population : les changements de rythmes et d’activités (panne d’ascenseur), les activités sportives ponctuelles de loisir (notamment le ski), les traumatismes (entrainant une convalescence responsable de la fonte musculaire du quadriceps), le port de charges lourdes (lors de déménagements par exemple).
  • Les femmes semblent plus exposées à ce dysfonctionnement.

Symptômes

La douleur peut être ressentie à l’effort mais aussi au repos. Elle est souvent difficile à localiser : elle est classiquement ressentie à l’avant du genou derrière la rotule, mais peut aussi être perçue sur tout le pourtour de l’articulation et irradier vers l’arrière. Elle est classiquement ressentie en position de flexion : position assise prolongée, accroupissement, descente des escaliers, difficulté à se relever sans appui sur les membres supérieurs.

La douleur peut être unilatérale ou bilatérale et peut être ressentie bien avant que des lésions irréversibles des cartilages n’apparaissent. A l’inverse, certains patients ne ressentent pas de douleurs alors que les cartilages ont déjà subi des dégradations.

Lors de douleurs à la rotule, d’autres symptômes peuvent être associés :

  • L’œdème: les frottements anormaux peuvent occasionner une sécrétion excessive de liquide synovial (lubrifiant articulaire) à l’origine d’un gonflement de l’articulation.
  • L’instabilité: Elle est due à un relâchement du quadriceps provoquée par la sensation douloureuse. Il n’y a dans ce cas pas de luxation de la rotule, mais plutôt une sensation de dérobement.
  • Blocage: Sensation de raidissement ou de limitation des mouvements de flexion en raison de la douleur. Ces bocages peuvent accroître la perte de tonus musculaire du quadriceps et majorer ainsi le déséquilibre.
  • Des crissements, craquements, claquements peuvent être perçus sans pour autant être systématiquement synonymes de gravité.

Diagnostic

Il repose avant tout sur la clinique et l’interrogatoire, et fait souvent appel aux compétences de spécialistes.

L’imagerie, telle que la radio ou l’IRM, est certaine fois nécessaire pour éliminer d’autres diagnostics tels que des traumatismes ligamentaires ou de lésions des ménisques.

Une arthroscopie, réalisée sous anesthésie au bloc opératoire, peut également être réalisée afin de visualiser l’état des cartilages. Elle est classiquement réalisée au même moment que l’intervention visant à restaurer les cartilages quand cela est possible.

La phase de diagnostic est très importante : elle permettra l’analyse des masses musculaires et l’origine du déséquilibre afin d’orienter le traitement.

Traitement et convalescence

Comme lors de tout épisode douloureux, le premier traitement est la mise au repos. Il faut limiter les activités, éviter les mouvements douloureux, et éventuellement porter une genouillère pour soulager l’articulation.

Les anti-inflammatoires, les antalgiques et la cryothérapie (thérapie par le froid) peuvent aider à soulager les douleurs.

reeducation genouLe traitement est ensuite principalement basé sur la kinésithérapie : elle consiste à renforcer le tonus musculaire du quadriceps et à assouplir les ischio-jambiers à l’aide d’étirements réguliers.

Cependant, le traitement doit aussi s’intéresser aux causes et facteurs pour éviter les récidives. A des stades avancés, lorsque les cartilages rotuliens sont détériorés, une intervention chirurgicale sous arthroscopie, visant à réparer les cartilages, est possible. Cependant, les lésions cartilagineuses étant particulièrement difficiles à traiter, il est conseillé de ne pas attendre que des dommages importants se soient installés afin d’éviter qu’ils ne deviennent irréversibles.