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Comment se passe l’opération des ligaments croisés ?

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Déroulement d’une opération des ligaments croisés (ligamentoplastie) | Dr Paillard

En résumé

En tant que chirurgien orthopédique, mon équipe et moi-même pratiquons la ligamentoplastie sous arthroscopie pour traiter les ruptures des ligaments croisés et stabiliser votre genou. Cette intervention courante et mini-invasive consiste à reconstruire le ligament croisé antérieur (LCA) ou postérieur (LCP) à l’aide d’une greffe tendineuse adaptée à votre profil. Découvrez dans ce guide complet les différentes techniques de prélèvement, les étapes clés de l’opération et le calendrier de votre rééducation.

Les ligaments du genou peuvent subir des ruptures, notamment à la suite d’un traumatisme. Pour les réparer, il faut bien souvent avoir recours à la ligamentoplastie. Avec plus de 50 000 interventions réalisées chaque année en France, la ligamentoplastie est l’une des chirurgies du genou les plus fréquemment pratiquées. Plusieurs techniques chirurgicales mini-invasives permettent de traiter ces ruptures de ligaments croisés.

Définition des ligaments croisés

Les ligaments croisés assurent la stabilité du genou. Le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé postérieur (LCP) se croisent en X au niveau du milieu de l’articulation, entre le fémur et le tibia.

Le LCA est dirigé vers le haut, l’arrière et le dehors. Le LCP est oblique, dirigé vers le bas, l’avant et le dehors. Le LCA est le plus fréquemment victime de traumatismes, car il est le plus fragile.

La rupture peut être partielle ou totale et toucher un ligament ou les deux. La ligamentoplastie est l’intervention qui permet de réparer ces ligaments du genou.

Les différentes techniques chirurgicales pour soigner les ligaments croisés

Plusieurs facteurs sont déterminants pour choisir la technique la mieux adaptée à chaque situation.

Votre chirurgien doit prendre en compte :

  • L’état de la blessure du genou ;
  • Le type et le niveau de rupture du ligament du genou ;
  • La date du traumatisme ;
  • L’âge du patient et son état général ;
  • Sa pratique sportive habituelle (type de sport, niveau) ;
  • La présence éventuelle de lésions associées ;
  • Les attentes du patient concernant sa mobilité future et ses activités.

Les techniques Ischio Jambiers

L’intervention consiste à prélever :

  • Soit le tendon du droit interne et du demi tendineux, c’est la technique DIDT ;
  • Soit un seul des deux tendons ischio jambiers en greffe courte (généralement, le demi tendineux le plus long et épais), c’est la technique dite DT4. Il est aussi possible d’utiliser le droit interne dans certains cas.

La technique de Kenneth-Jones

La méthode consiste à utiliser le tiers du tendon rotulien et une petite baguette osseuse pour reconstruire le ligament croisé abîmé.

La technique au Fascia lata

Elle consiste à prélever une bandelette située sur le fascia lata (petite membrane fibreuse située sur la face externe de la cuisse). On parle aussi d’opération de Mac Intosh au fascia lata. Si cette technique offre de bons résultats, elle nécessite une longue cicatrice située sur la face externe de la cuisse et du genou.

Les différentes étapes d’une opération des ligaments croisés

La ligamentoplastie est réalisée sous anesthésie locorégionale ou générale après une consultation auprès d’un anesthésiste. Elle permet donc de traiter la rupture du ligament croisé antérieur et la rupture du ligament croisé postérieur.

Quel que soit le tendon prélevé pour réparer le ligament du genou abîmé, l’opération se déroule généralement par arthroscopie.

Le chirurgien introduit dans l’articulation un arthroscope muni d’une caméra pour visualiser la rupture du ligament et déterminer s’il existe des lésions associées (ménisque, cartilage).

Puis, la réparation est réalisée à l’aide de petits instruments qu’il introduit à cet endroit. La partie du tendon à prélever est incisée. Ce morceau de tendon est ensuite placé dans le genou à l’emplacement de la rupture du ligament. Il est fixé par des vis résorbables dans un tunnel au fémur et dans un autre au tibia.

Les lésions associées sont traitées durant cette intervention, en préservant au mieux le ménisque et les cartilages. Si les lésions ne peuvent être suturées, elles seront retirées.

L’intervention dure environ 1 heure. La durée d’hospitalisation est de 3 jours en moyenne.

Après l’opération, le chirurgien réalise un pansement qu’il faudra conserver durant 10 jours.

Le tendon qui a été prélevé en début d’intervention cicatrice généralement très bien, aucune séquelle ne persiste.

Suites postopératoires des ligaments croisés

Après l’opération, un traitement anti-douleurs est prescrit. Une surveillance rapprochée est réalisée. L’équipe médicale met en place une attelle pour immobiliser le genou et le protéger. Il faudra la conserver pendant 3 semaines.

Puis, la rééducation postopératoire par kinésithérapie doit être mise en place. Celle-ci permet de limiter les effets désagréables de l’intervention et, par la suite, de retrouver la mobilité et récupérer ses muscles.

La marche est possible après environ 3 semaines. Il est possible de conduire après un mois.  Le patient peut retourner travailler après une période pouvant aller de 1 mois à 3 mois, selon la profession. La pratique du sport doit attendre au moins 3 mois, en fonction du type d’activité physique et de l’intensité (loisirs, compétition…).

FAQ

Les ligaments croisés sont des structures fibreuses qui assurent la stabilité interne essentielle du genou. Le ligament croisé antérieur (LCA) et le ligament croisé postérieur (LCP) se croisent en forme de X au milieu de l’articulation, reliant solidement le fémur au tibia.

Sur le plan anatomique, le LCA est dirigé vers le haut, l’arrière et le dehors, tandis que le LCP est oblique, dirigé vers le bas, l’avant et le dehors. Le ligament croisé antérieur est de loin le plus fréquemment victime de traumatismes car il s’avère intrinsèquement plus fragile que le postérieur.

Pour sélectionner la méthode de reconstruction idéale, nous évaluons de multiples facteurs personnels. Nous prenons en compte l’âge, l’état général du patient, l’ancienneté du traumatisme, le type exact de rupture, sa pratique sportive (discipline et niveau), la présence de lésions associées et ses attentes en matière de mobilité future.

Ces méthodes consistent à prélever des tendons à l’arrière de la cuisse pour reconstruire le ligament. La technique DIDT prélève les tendons du droit interne et du demi-tendineux. La technique DT4 utilise une greffe courte en prélevant un seul de ces deux tendons (généralement le demi-tendineux, plus long et épais).

La méthode de Kenneth-Jones est une technique chirurgicale historique et fiable. Elle consiste à prélever le tiers central du tendon rotulien (situé à l’avant du genou), accompagné d’une petite baguette osseuse à son extrémité, afin de recréer une structure solide pour remplacer le ligament croisé abîmé.

Cette procédure, aussi appelée opération de Mac Intosh, consiste à prélever une bandelette de tissu sur le fascia lata, une membrane fibreuse située sur la face externe de la cuisse. Bien qu’elle offre de très bons résultats cliniques, elle présente l’inconvénient de nécessiter une longue cicatrice sur le côté externe de la cuisse et du genou.

Pratiquée sous anesthésie générale ou locorégionale, l’intervention se déroule par arthroscopie mini-invasive. Le chirurgien introduit une caméra (arthroscope) par une mini-incision pour inspecter l’articulation. Il prélève le morceau de tendon choisi, puis l’insère et le fixe solidement à l’aide de vis résorbables dans des tunnels forés dans le fémur et le tibia.

Oui, absolument. Lors de l’exploration sous arthroscopie, si mon équipe décèle des lésions associées au niveau du cartilage ou des ménisques, elles sont traitées dans le même temps opératoire. Nous veillons à préserver au maximum vos tissus d’origine ; si une lésion ne peut être suturée, elle est alors retirée.

La ligamentoplastie est une chirurgie bien codifiée qui dure en moyenne 1 heure. Pour assurer une surveillance post-opératoire optimale et installer les premiers soins de confort, la durée d’hospitalisation requise au sein de notre établissement est de 3 jours en moyenne.

À la suite de la chirurgie, un pansement stérile est réalisé et doit être conservé pendant 10 jours. Pour protéger la greffe et stabiliser l’articulation pendant sa phase initiale de cicatrisation, notre équipe médicale met en place une attelle d’immobilisation spécifique, qu’il vous faudra impérativement conserver durant 3 semaines.

Chirurgie orthopédique - traumatologie

Dr Philippe Paillard

Je suis le Dr Philippe Paillard, chirurgien orthopédiste à Paris, spécialisé dans le traitement des pathologies articulaires liées au sport ou à la vie quotidienne. J’interviens sur la hanche, le genou, l’épaule, le coude et la cheville, avec une expertise reconnue en arthroscopie et en prothèses articulaires. Je suis également :

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Avatar de  Ouedraogo

Ouedraogo

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19/09/22

Merci beaucoup docteur, j'ai le même problème et je dois me faire opérer dans les jours à venir. Grâce à votre article j'ai su a quoi je dois m'attendre, j'ai beaucoup appris ..