La prothèse d’épaule inversée donne de bons résultats, mais comporte des risques précis. Avec les implants récents, moins de 10 % des patients présentent une complication : déboîtement (1 à 5 % après une première pose), infection (0,7 à 4 %, le plus souvent due à une bactérie de la peau), encoche sur l’omoplate (une épaule sur trois à cinq ans, souvent sans gêne), fissure de l’os au-dessus de l’épaule (2 à 4 %) et atteinte d’un nerf (1,3 %).
Préparation, choix de l’implant et rééducation réduisent ces risques.
Le Dr Philippe Paillard reçoit à Paris 16ᵉ pour toute évaluation ou suivi après l’opération.
Redonner de la mobilité à une épaule dont les tendons sont trop abîmés pour être réparés : c'est la promesse de la prothèse inversée. Comme toute chirurgie, elle comporte des risques. Déboîtement, infection, usure de l'os, atteinte d'un nerf : lesquels surviennent vraiment, à quelle fréquence, et comment les éviter ?
Explications claires, chiffres à l'appui.
Quels risques faut-il connaître avant de se faire opérer ?
Envisager une
prothèse d'épaule inversée à Paris suppose de comprendre
à quoi sert cet implant et ce qu'il peut réserver. On le propose surtout lorsque la
coiffe des rotateurs, le manchon de tendons qui enveloppe l'épaule, est
trop détruite pour être recousue, ou après certaines fractures chez la personne âgée.
Les premières générations d'implants posaient problème : jusqu'à un patient sur quatre présentait une complication dans les deux ans. Les modèles actuels ont changé la donne, avec
moins de 10 % de complications.
Sur des patients suivis au moins cinq ans, on relève environ 4 % d'infections, 4 % de déboîtements et 5 % de réinterventions.
Chirurgien orthopédiste au
cabinet du Trocadéro, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, le Dr Philippe Paillard prend le temps d'expliquer ces chiffres avant l'opération :
savoir repérer un signe anormal, c'est pouvoir consulter tôt.
Pourquoi l'épaule peut-elle se déboîter après l'opération ?
Le
déboîtement, la bille de la prothèse qui sort de son logement, reste la complication mécanique la plus redoutée des premiers mois. Une vaste analyse portant sur près de 7 900 prothèses inversées
le retrouve dans 2,5 % des cas : entre 1 et 5 % pour une première pose, beaucoup plus souvent lorsqu'il s'agit de remplacer une prothèse déjà en place.
Trois situations augmentent le risque :
- un muscle à l'avant de l'épaule, le sous-scapulaire, trop abîmé pour être réparé
- une fracture récente du haut du bras
- une fracture ancienne mal consolidée
Le signe ne trompe pas : douleur brutale, bras inutilisable, épaule déformée. C'est ce risque qui explique les
mouvements interdits après une prothèse d'épaule inversée, en particulier celui de porter la main dans le dos.
L'infection est-elle fréquente, et comment la repérer ?
Une
infection de la prothèse survient dans 0,7 à 4 % des cas, un peu plus souvent après une reprise chirurgicale ou une fracture. L'épaule a ici une particularité : le microbe en cause est le plus souvent
une bactérie naturellement présente dans la peau de la région,
Cutibacterium acnes, responsable de 30 à 70 % de ces infections.
Elle se développe très lentement, ce qui complique le diagnostic : il faut plusieurs prélèvements et des cultures prolongées en laboratoire.
Autre piège,
les symptômes sont discrets. Rarement de la fièvre, mais une douleur qui revient après plusieurs semaines d'accalmie suivant une
chirurgie de l'épaule, une raideur inexpliquée ou une cicatrice qui suinte.
Mieux vaut alors
un avis spécialisé qu'un traitement antidouleur prolongé : la prise en charge associe une reprise chirurgicale et des antibiotiques adaptés.
Encoche et fractures : que se passe-t-il autour de l'implant ?
Avec le temps, le bord de la prothèse peut frotter contre l'omoplate et y
creuser une petite encoche. C'est
l'anomalie la plus fréquente sur les radiographies de contrôle : environ une épaule sur trois à cinq ans, dont un cas sur dix sous une forme marquée.
Bonne nouvelle, elle est
souvent indolore et n'empêche pas de bien se servir de son bras.
Le dessin de l'implant compte énormément : les modèles anciens créaient une encoche dans la moitié des cas, contre un peu plus d'un sur dix pour les versions décalées vers l'extérieur utilisées aujourd'hui.
Le risque, à long terme, est l'usure du plastique et le décollement de la pièce fixée sur l'omoplate, observé dans environ 1 % des premières poses.
Enfin, la mise en tension du muscle deltoïde peut fissurer l'os situé au-dessus de l'épaule dans 2 à 4 % des cas.
Comment limiter les risques et quand consulter à Paris ?
Les nerfs illustrent bien le rôle joué par la technique. Sur plus de 40 000 prothèses inversées analysées, une atteinte nerveuse est signalée dans 1,3 % des premières poses et 2,4 % des reprises.
Il s'agit le plus souvent
d'un simple étirement, sans section du nerf, qui récupère seul en six à sept mois.
Trois leviers réduisent l'ensemble de ces risques :
- une préparation minutieuse avant l'intervention : imagerie, choix du modèle d'implant, évaluation de la qualité de l'os
- une opération curte et précise, avec réparation des tendons lorsqu'elle est possible
- une rééducation progressive, respectant le fonctionnement particulier de la prothèse, comme le recommande la Haute Autorité de Santé
Une douleur brutale, de la fièvre, un écoulement, une perte de force ou une raideur qui s'installe justifient de
contacter rapidement le cabinet, 9 rue Le Tasse, Paris 16ᵉ, où sont également suivies les
arthroses de l'épaule.
En conclusion
La prothèse d'épaule inversée peut se déboîter, s'infecter, user l'os de l'omoplate ou irriter un nerf. Ces complications existent, mais elles restent minoritaires et sont devenues nettement moins fréquentes avec les implants récents.
La plupart se traitent bien lorsqu'elles sont repérées tôt.
Une information claire, une préparation soignée et un suivi régulier constituent aujourd'hui la meilleure protection.
Sources
- Haute Autorité de Santé
- PubMed
- Midterm outcomes of primary reverse shoulder arthroplasty: a systematic review of studies with minimum 5-year follow-up, JSES International / PMC
- Systematic review of prevalence, risk factors, and management of instability following reverse shoulder arthroplasty, PMC
- Problems, complications, and reinterventions in 4893 onlay humeral lateralized reverse shoulder arthroplasties: a systematic review (part I—complications), PMC
- Infected Shoulder Arthroplasty in Patients Younger than 60 Years: Results of a Multicenter Study, PMC
- The incidence of shoulder arthroplasty infection presents a substantial economic burden in the United States, PMC
- Complications following reverse total shoulder arthroplasty for proximal humeral fractures: a systematic review, PMC
- Clinical outcomes and complications of reverse shoulder arthroplasty used for failed prior shoulder surgery, PMC
- Burden EG. et al., Reverse total shoulder arthroplasty, The Bone & Joint Journal, 2021
- How common is nerve injury after reverse shoulder arthroplasty? A systematic review, Journal of Shoulder and Elbow Surgery